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Traque à la piscine non déclarée : quand l’IA prend l’eau

Traque à la piscine non déclarée : quand l'IA prend l'eau

C’est dans la torpeur d’août dernier, alors que de nombreux Français se prélassaient au bord d’une piscine, que le fisc annonçait l’extension de son outil d’intelligence artificielle à neuf départements.

L’idée ? Utiliser un outil logiciel créé par Google et Capgemini pour détecter les piscines non déclarées. Mais voilà que des sources internes au fisc français assurent au Parisien que cet outil ne marche pas, ou du moins qu’il marche mal.

Ce projet, nommé “Foncier Innovant”, met à contribution des algorithmes pour identifier des éléments sur des prises de vue aériennes.

Alors, pourquoi ces faux positifs ?

La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a déployé son nouvel outil dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône, de l’Ardèche, du Rhône, de la Haute-Savoie, du Morbihan, du Maine-et-Loire et de la Vendée.

Les faux positifs, c’est-à-dire les détections de piscines alors qu’elles n’existent pas, seraient de 30 %. Conséquence directe de ces erreurs, plusieurs contribuables ont ainsi reçu par erreur un courrier des impôts leur demandant plus d’informations sur une piscine, avec à la clé un redressement fiscal potentiel.

Alors, pourquoi ces faux positifs ? Et bien, parce que des bâches agricoles, des panneaux solaires ou encore des piscines hors sol non imposables sont confondus avec les piscines recherchées par l’intelligence artificielle.

Par ailleurs, ces faux négatifs seraient très nombreux. Ainsi, des piscines passeraient sous les radars de l’intelligence artificielle (IA), étant cachées par des arbres ou par l’ombre d’une maison.

Une vieille histoire

En 2019 déjà, le fisc français avait testé avec Accenture une technologie similaire dans les départements de la Drôme, de la Charente-Maritime et des Alpes-Maritimes. Un logiciel utilisant de l’IA également était utilisé pour croiser les déclarations des contribuables avec des vues aériennes et plans cadastraux. Bercy avait alors jugé les résultats du logiciel d’intelligence artificielle d’Accenture « très satisfaisants ».

En 2015, ce n’était qu’avec Google Maps et leurs yeux aguerris que les agents du fisc du département du Lot-et-Garonne tentaient de visualiser des piscines non déclarées sur la commune de Marmande. Un travail fastidieux, mais qui avait permis de détecter 300 piscines non déclarées, soit un manque à gagner de 100 000 euros pour le fisc et la commune.

Il avait alors fallu que les agents du fisc comptent une à une les piscines qui s’affichaient sur leurs écrans. Sur 800 piscines visualisées, 500 étaient dûment déclarées. Nul doute qu’avec l’IA désormais, ce travail ira bien plus vite, sur de bien plus grandes portions du territoire.

Le site impots.gouv.fr mentionne que toute piscine qui n’est pas déplaçable sans être démontée « constitue un élément d’agrément bâti formant une dépendance qui doit être prise en compte pour l’établissement de la taxe d’habitation et de la taxe foncière ».




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