Informatique

Semi-conducteurs : pour les géants de l’automobile, la

Semi-conducteurs : pour les géants de l'automobile, la pénurie est loin d'être finie

La pénurie de semi-conducteurs va encore affecter durablement le marché de l’automobile. C’est en tout cas l’analyse d’Oliver Zipse, directeur général du constructeur automobile allemand BMW, pour qui le bouleversement des chaînes d’approvisionnements lié à l’épidémie de Covid-19 et au conflit en Ukraine devrait conduire à rallonger encore le phénomène, qui continuera à constituer un caillou dans la chaussure de l’industrie automobile au moins jusqu’en 2023.

Pour le dirigeant, le pire est loin d’être passé. « Nous sommes encore au plus fort de la pénurie de puces », indique-t-il dans une interview, publiée ce lundi dans la presse allemande. Ce n’est d’ailleurs pas près de s’arrêter. « Je m’attends à ce que nous commencions à voir des améliorations au plus tard l’année prochaine, mais nous devrons encore faire face à une pénurie fondamentale en 2023 », estime-t-il, revoyant ainsi ses précédentes estimations à la hausse.

Même son de cloche du côté de Volkswagen. Interrogé sur la question ce week-end, le directeur financier du constructeur automobile, Arno Antlitz, fait le même constat. Selon lui, même si les goulots d’étranglement commenceront probablement à se résorber vers la fin de cette année, avec un retour au niveau d’avant-crise sanitaire dès 2023, « l’insuffisance structurelle de l’offre » de semi-conducteurs perdurera jusqu’en 2024.

Goulot d’étranglement majeur

Début 2022, avant même l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les autorités américaines l’avaient déjà prédit : les pénuries de semi-conducteurs ne s’atténueront pas dans les six prochains mois… au minimum. Selon les résultats d’une étude publiée par l’administration Biden, une « tempête parfaite » de facteurs explique cette pénurie, parmi lesquels un nouveau pic de la demande causé par la crise sanitaire, qui se conjuguent à une baisse de la productivité des acteurs des semi-conducteurs liés à la pandémie. Selon les chiffres produits par la Maison blanche, la demande de puces a augmenté de 17 % entre 2019 et 2021.

Pour autant, cette augmentation de la demande n’a pas été suivie d’une hausse équivalente de l’offre, les temps d’inventaire médians (le temps moyen qu’une puce passera dans un entrepôt ou sur une étagère avant d’être achetée par un consommateur final) passant de 40 jours à moins de 5 jours sur la même période. Ajoutez à cela le conflit dans l’est de l’Europe et vous vous retrouvez avec un goulot d’étranglement majeur pour le marché.

Et ce, malgré les données des autorités américaines, pour qui les fabriques de semi-conducteurs existantes fonctionnent à plus de 90 % de leurs capacités depuis le deuxième trimestre 2020 – un chiffre de production extrêmement élevé pour une industrie qui était inférieure à 80 % au début de 2019. Parmi les catégories de puces spécifiques qui souffrent le plus de la pénurie figurent les puces logiques héritées (utilisées dans la santé et l’automobile), les puces analogiques (utilisées dans l’énergie, les capteurs d’images et les applications RF), ainsi que les puces optoélectroniques (utilisées dans divers types de capteurs et de commutateurs).




Source link

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page